belge
| Caractéristiques | |
| Cuisine | belge |
| Specialité | Viande |
| Accommodation | climatisation, terrasse, enfants bienvenus |
| Prix | |
| Entrée | € au € |
| Plat principal | € au € |
| Dessert | € au € |
| Heures d'ouverture | |
| lu | de 12:00 au 23:00 |
| ma | de 12:00 au 23:00 |
| me | de 12:00 au 23:00 |
| je | de 12:00 au 23:00 |
| ve | de 12:00 au 23:00 |
| sa | de 12:00 au 23:00 |
| di | fermé |
Vol-au-vent
S'il existe bien un empire dans l'horeca bruxellois, c'est celui de la famille Niels. Le grand-père, Joseph, a travaillé au Savoy de Londres il y a un siècle, et en 1924, il devenait propriétaire du restaurant du Canterbury hotel bd. Jacqmain 129-135. Il a écrit une page d'histoire culinaire en inventant le filet américain, un steak tartare inversé. L'américain est préparé en cuisine, la viande est un rien plus compacte et a beaucoup de goût. On y met de la mayonnaise plutôt que de l'huile, du vinaigre et un jaune d'œuf, des oignons émincés plutôt que des échalotes, et du piccalilli plutôt que des cornichons. Il est accompagné de pommes allumettes, pas de grosses frites. La seule chose qu'on retrouve dans les deux préparations, c'est la sauce Worcester et le persil. Pas de câpres ou de tabasco non plus pour l'américain. Après la seconde guerre mondiale, ses fils, Albert et George ouvrent le Claridge à Buenos Aires, et on les retrouve derrière le restaurant du pavillon argentin de l'Expo '58. Ce sont les fils d'Albert, Albert-Jean et Philippe, qui lancèrent par la suite une série de brasseries bruxelloises. Leur dernière acquisition date de 1993: le Canterbury, aux étangs d'Ixelles. Je décide de rendre visite avec Madame à ce lieu spécialisé en volaille, un samedi soir pluvieux. Impossible de réserver, mais les choses bougent vite. Aux murs, des œuvres originales de Pierre Alechinsky et autres artistes du mouvement Cobra.
Nous passons notre tour pour les entrées, scandaleusement chères: un pot de radis pour €10,5, faut pas pousser. Le sel a intérêt à venir tout droit de Noirmoutier. Nous commandons donc un vol-au-vent (€23 + €4 pour les frites) et un américain frites (€22,50). Les plats nous sont rapidement servis. Et un seul coup d'œil aux assiettes me suffit pour savoir que je me trouve ici face au meilleur vol-au-vent de Bruxelles. La chair de poulet n'a pas les fibres étirées pour gagner du volume: il y a quasi un demi-poulet utilisé dans ma préparation. Les champignons frais apportent une superbe touche au plat: ils ont été cuits dans de l'eau citronnée. Les ballekes de haché de veau sont divines. Et la pâte feuilletée qui emballe le tout est tellement légère qu'elle a exactement l'effet désiré par Carême, son inventeur: vol au vent. Le velouté de volaille est bien lié, et l'ensemble est terminé par une cuillère de sauce hollandaise, comme il se doit. Mais il ne faudrait pas oublier l'américain, superbe lui aussi. Sa couleur est un peu blanchâtre, mais c'est logique, vu l'utilisation de mayonnaise, comme prescrit par le grand-père Joseph. La piccalilli a juste été remplacée par des cornichons.
En dessert, je commande un 'baba au rhum agricole' (€9,50). Le trou au centre de ce cake au rhum très léger est empli d'une épaisse crème fraîche qui va faire exploser mon cholestérol. Le baba flotte dans le rhum. Heureusement, avec la note (€75,50), nous commandons encore un café (€4), sinon, nous aurions raté une parfaite madeleine.
Une brasserie parfaite. Cher, mais de qualité.
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